Également dénommée maladie mystérieuse, ou bien maladie aux mille et un nom, le syndrome de fatigue chronique réduit littéralement ses victimes en miettes. Vie sociale, vie familiale, mais aussi vie tout-court, rien n’est épargné… Tout comme un château de cartes et le malade contemple les scènes en toute impuissance.

Le syndrome de fatigue chronique se révèle très dommageable sur la vie sociale du malade. Son caractère invalidant est le premier en cause. Sur la période de manifestation de cette maladie qui peut aller de 6 à 24 mois, le malade risque d’être coupé complètement de son entourage, que ce soit amis ou famille, n’ayant plus de vis sociale. Qui plus est, le sommeil ne permet pas de pallier la sensation de fatigue aigüe et la victime risque ainsi d’être traitée de tous les noms, comme paresseuse et peut-être même fainéante. Le pire vient du fait qu’à l’opposé du déprimé, le fatigué chronique est à même d’apprécier les bonnes choses de la vie. Très vite épuisé, il risque toutefois d’être en proie à un brusque changement d’humeur, ce qui ne manquera pas de choquer plus d’un. Le commentaire d’une mère de famille de 32 ans, déposé en réaction à un article traitant la fatigue chronique permet de mieux refléter l’impact de cette maladie sur la vie familiale. Cette mère dévouée de deux enfants s’est effectivement plainte de se voir souvent traitée à tort de dépressive, ou encore d’hypocondriaque. Pour ne rien arranger, son médecin a sans le dire jeté l’éponge en rétorquant qu’elle souffre plutôt de stress aigu et lié au travail. Le pire vient certainement du fait que son mari, qui l’a soutenu pendant un certain temps se trouve actuellement au bord du découragement… Cette maladie pour le moins mystérieuse et qui donne même du fil à retordre aux professionnels de la santé constitue un vrai calvaire pour la victime. À force d’être rejetée aussi bien par ses connaissances que par sa propre famille, celle-ci risque d’être en proie au sentiment d’être seul, une véritable source de désespoir. Le risque d’un bouchon poussé encore plus loin (vers le suicide) serait palpable. À noter par ailleurs que personne n’est à l’abri de cette maladie, ce qui veut dire qu’un enfant peut en être victime… Reste à imaginer la souffrance que celui-ci peut éprouver durant cet âge « tendre »… Sachant que le dénigrement ne fera que décupler le supplice de l’enfant.