L’incompréhension de la fatigue chronique amène le commun des mortels à y voir ne serait-ce qu’une toute petite part de responsabilité de la dépression. Les professionnels de la santé font un aveu d’impuissance en se contentant d’appuyer tout bêtement cette thèse montée de toutes pièces que même les néophytes peuvent réfuter.

Certains symptômes associés à la fatigue chronique sont similaires à ceux correspondant à la dépression. Il est ainsi difficile, même pour les médecins, de savoir si leurs patients sont atteints de l’une ou de l’autre pathologie. En effet, la fatigue chronique provoque un décuplement des émotions. Le malade devient alors, tout comme un dépressif, moins tolérant vis-à-vis du stress, des changements, ou encore du bruit. De même, le désir de vivre d’un « fatigué chronique » est diminué de manière inquiétante que le malade peine à s’investir dans aucun de ses projets. Même s’il a des projets dans sa vie, il semble refuser de se motiver. Sa notion du bonheur et de la satisfaction s’estompe complètement. La confusion semble avoir la vie dure en ce qui concerne la fatigue chronique et la dépression. De nombreux professionnels de la santé sont unanimes en mettant cette première sur le compte d’une maladie organique. Ils n’écartent pas pour autant l’hypothèse que celle-ci se trouve aussi relative à une fatigue mentale, ce qui l’assimile à une dépression. Par ailleurs, certains chercheurs se sont focalisés sur l’étude de la sérotonine, une molécule pointée du doigt dans l’apparition de la fatigue chronique. Or, ce capteur lié au cerveau est aussi pour quelque chose dans la dépression. En effet, chez les fatigués chroniques, la sérotonine ne fonctionne pas non plus correctement. Les plus fins connaisseurs du syndrome de la fatigue chronique sont de leur côté très catégoriques. En effet, ils mettent notamment en avant la différence entre l’attitude d’un déprimé et celle d’un fatigué chronique. D’après eux, si ce premier a tendance à voir tout en noir, le second sait apprécier les bonnes choses de la vie. Le seul problème du fatigué chronique étant qu’il est très vite épuisé, d’où ses frustrations et son sentiment d’être privé de liberté. Ces mêmes spécialistes recommandent plutôt à ceux en proie à la dépression de se poser des questions quant à l’origine de leur malheur, en partant de l’idée qu’une fois cette quête abouti, ils reprendront goût à la vie, contrairement aux fatigués chroniques qui doivent malheureusement suivre un traitement qui peut s’inscrire dans la durée.